« Quelle est en effet la page, quelle est la parole dont Dieu est l'auteur, dans l'Ancien et le Nouveau Testament, qui ne soit une norme parfaite pour la vie humaine ? Quel est le livre des saints Pères catholiques qui ne nous fasse entendre comment courir tout droit jusqu'à ce que nous parvenions à notre créateur ? »

Translatio

20 décembre 2017

Sur l'Annonciation 2)



Suite du sermon de saint Pierre Chrysologue




Sed quid egerit angelus audiamus. Ingressus ad eam dicit: Ave, gratia plena, Dominus tecum. In hac voce oblatio est, oblatio muneris, non simplex salutationis officium. Ave, hoc est, accipe gratiam; ne trepides, ne sis sollicita de natura. Plena, quia in aliis gratia, in te tota gratiae pariter veniet plenitudo. Dominus tecum. Quid est in te Dominus? Quia ad te non visitandi studio venit, sed in te novo nascendi inlabitur sacramento. Adjecit congrue: benedicta tu in mulieribus. Quia in quibus Eva maledicta puniebat viscera, nunc in illis gaudet, honoratur, suspicitur Maria benedicta. Et facta est vere nunc mater viventium per gratiam, quae erat ante mater morientium per naturam. Mais écoutons ce que fit l’ange. Il entra chez elle et dit : Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Il y a dans ces mots une offre, l’offre d’un présent, non pas un simple salut de politesse. Salut, c’est-à-dire, recevez la grâce ; ne craignez pas, ne vous inquiétez pas de la nature. Pleine : d’autres ont la grâce, mais en vous viendra en une fois toute la plénitude de la grâce. Le Seigneur est avec vous. Qu’est-ce à dire : Le Seigneur en vous ? Et c’est qu’il ne vient pas à vous comme pour rendre visite, mais il pénètre en vous par le mystère d’une nouvelle naissance. L’ange ajoute avec justesse : Vous êtes bénie dans les femmes [1]. En elles, en effet, le Seigneur châtiait les entrailles à cause d’Ève la maudite ; en elles, maintenant, il accorde la joie, l’honneur, la considération à Marie la bénie. C'est ainsi que la femme qui était auparavant mère des mourants par la nature, est devenue mère des vivants par la grâce [2].

[1] In mulieribus correspond à entre les femmes, manière biblique de dire « par-dessus toutes les femmes » ; mais l’orateur joue sur le latin, qui peut signifier « dans les femmes » : de même que les femmes sont atteintes par la malédiction d’Ève, ainsi les femmes chrétiennes participent à la « bénédiction » de Marie.
[2] Vérité chère aux Pères et à toute la Tradition : Marie est la nouvelle Ève, qui transforme l’ancienne malédiction en bénédiction. Voir notre article : Marie, nouvelle Ève.